Avec le décès de David Schindler, éminent limnologue, conservationniste et professeur émérite de l’Université de l’Alberta, l’Institut canadien de la population a perdu un partisan indéfectible du mouvement de décroissance. 

Le conseil d’administration de l’Institut canadien de la population a été profondément attristé d’apprendre le décès de David Schindler le 4 mars.

Chercheur avant-gardiste largement respecté pour son travail visant à protéger les systèmes d’eau douce du Canada contre les dommages industriels, il était renommé dans le domaine de la science des eaux douces (limnologie), et était peut-être mieux connu pour avoir cofondé le Projet des lacs expérimentaux de Pêches et Océans Canada en 1968 et en avoir été le directeur jusqu’en 1989. Les travaux de M. Schindler et de ses collègues ont conduit à des politiques de gestion plus écologiques au Canada et ailleurs – notamment la réduction des phosphates nocifs pour les lacs, la réduction des émissions de pluies acides et l’amélioration de la surveillance des sables bitumineux de l’Alberta.

De 1989 jusqu’à sa retraite en 2013, le Dr Schindler a été le professeur d’écologie de Killam Memorial à l’Université de l’Alberta. Il a enseigné la limnologie, l’écologie boréale et la prise de décision environnementale.

David Schindler (à droite) a aidé la présidente de l’ICP, Madeline Weld, et le membre Tim Murray à animer un kiosque d’information sur la population au nom de l’ICP et du SEPS (Scientists and Environmentalists for Population Stabilization) lors de la réunion annuelle de la Société canadienne d’écologie et d’évolution à Kelowna, en Colombie-Britannique, en mai 2013.
Les prix qu’il a reçus reflètent l’impact de son travail. En effet, un collègue de l’Université de l’Alberta a déclaré que s’il y avait un prix Nobel d’écologie, il l’aurait remporté. En plus de recevoir l’Ordre du Canada, il a remporté le premier prix de l’eau de Stockholm (1991), le prix Volvo pour l’environnement (1998) et le prix Tyler pour la réalisation environnementale (2006). En 2001, il a reçu la Médaille d’or Gerhard-Herzberg du CRSNG pour les sciences et le génie, la plus haute distinction scientifique du Canada.

Il a également reçu des prix nationaux et internationaux pour la conservation et l’éducation scientifique du public et était membre des sociétés royales du Canada et du Royaume-Uni, membre de la National Academy of Sciences des États-Unis et associé étranger de la Royal Swedish Academy of Engineering.

Étant donné que de nombreux environnementalistes sont réticents à prêter leur nom à une cause considérée comme controversée, l’Institut canadien de la population a eu la chance et la gratitude de pouvoir le compter parmi ses parrains honoraires. Il a exprimé de manière prophétique ses sentiments sur ce que notre croissance fait à la planète dans une interview accordée au Canadian Geographic en 2014 :

J’aimerais que mon petit-fils se souvienne des avertissements que j’ai donnés, à savoir que nous ne pouvons pas accabler la Terre plus que nous ne le faisons actuellement. Nous devons reculer un peu – que ce soit dans nos exigences personnelles ou dans la taille de la population – ou ils n’auront pas un si bel avenir.”

Le Canada et le monde entier ont perdu un défenseur très spécial de la planète. Nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille de M. Schindler, à ses amis et aux nombreux étudiants et collègues scientifiques qu’il a encadrés et influencés de tant de façons.